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Récolte des effets

La récolte des effets (Outcome Harvesting) est une approche d’évaluation créée par Ricardo Wilson-Grau et ses collègues. Elle est utilisée pour collecter, interpréter et analyser les changements produits par des acteurs du développement social.

La récolte des effets est tout spécialement utile dans le cas où l’action se déploie en contexte de complexité (mouvance des acteurs et de l’environnement, trajectoires non linéaires, approche multistratégique, difficulté à prévoir les effets). Cette approche est novatrice puisqu’elle vise à récolter les changements les plus significatifs présents dans un champ d’action donné, pour ensuite établir une relation plausible de contribution entre les actions (ou encore entre les projets ou les programmes) des acteurs sociaux du développement et les changements récoltés, et ainsi dégager les grandes tendances en ce qui a trait au changement social. Ainsi, la récolte des effets se distingue des méthodes d’évaluation d’effets conventionnelles qui visent principalement à mesurer l’atteinte d’objectifs prédéfinis.

Une approche simple et adaptable

La récolte des effets est une approche d’évaluation qui est autant appréciée des répondants que des récoltants. Elle met l’accent sur la dimension concrète du changement et sur la formulation synthétique et efficace des effets. Les 6 étapes génériques de la récolte des effets sont relativement simples, adaptables et orientées par 10 principes fondamentaux. (Pour avoir l’information complète sur la méthode originale, voir les documents produits par R.W. Grau, sous Pour aller plus loin, au bas de cette page.)

Un effet est défini comme un changement de « comportement » pris dans un sens large, positif ou négatif, prévu ou imprévu, auquel a contribué l’acteur qui fait l’objet de l’évaluation. Ils sont catégorisés en 5 grands types de changement :

  • Le fonctionnement organisationnel
  • Les relations partenariales
  • Les politiques ou normes
  • La pratique d’intervention
  • L’activité ou l’action

Quelques exemples tirés des résultats de la récolte des effets d’Avenir d’enfants

Types de changement

Exemples d'effets

Fonctionnement organisationnel

 

Le regroupement de partenaires s’est doté d’un mode de fonctionnement plus structuré et concerté. Trois comités, un par système, composés autant de gestionnaires que de ressources terrain sont responsables de la mise en œuvre et du suivi-évaluation. Cela a contribué à augmenter la collaboration des acteurs en petite enfance, à mieux impliquer les partenaires dans les projets puisque intervenants et cadres sont impliqués dès le départ, et à hausser la crédibilité de la table de concertation auprès des autres acteurs. Les actions sont devenues plus collaboratives. Ainsi, la planification vise l’ensemble des familles du territoire et non seulement celles qui sont clientes de chaque organisme.

 

Relations partenariales

La plus grande connaissance des services de chacun des organismes sur le territoire a mené à de nombreuses collaborations ou références de clientèles entre les organismes. Par exemple, un CPE a utilisé les services d’un organisme pour l’aider à le soutenir dans la gestion de son personnel. D’autres organismes demandent de l’aide pour promouvoir leurs services ou encore pour les aider à mettre en place des activités.

Politiques ou normes

La petite enfance est davantage devenue une priorité pour les intervenants du territoire. Il y a maintenant un « réflexe » de penser à la petite enfance dans la préparation d’activités ou d’interventions. Par exemple, auparavant, le regroupement comptait parmi ses membres une seule école primaire mobilisée (c’est-à-dire qui participe activement aux rencontres). Aujourd’hui, il compte parmi ses membres quatre écoles qui participent activement aux rencontres et huit écoles qui participent de façon moins régulière aux rencontres. Autre exemple : des organismes de loisirs ont développé, de leur propre chef, des services pour les tout-petits et leurs familles(yoga maman-bébé, conférence du CHU Ste-Justine, etc.) alors qu’il n’y en avait pas avant.

Pratique d'intervention

La ressource en évaluation a permis aux organismes de questionner leur approche et d’être dans un mode de changement de pratique. Cela a mené les organismes à éliminer les petites actions individuelles pour s’orienter vers des actions communes. Cela s’est concrétisé par la création de trois cadres de référence, visant le changement de pratique, ayant pour titre :

  1. Utiliser le jeu actif pour agir sur l’anxiété
  2. Le sentiment de compétence parentale
  3. La participation des parents

De la formation et de l’accompagnement ont été donnés aux partenaires afin de favoriser le changement de pratique.

Activité/action

Un nouveau type de projet, les « parcs intérieurs », fonctionne étonnamment bien. Une moyenne de 172 participants (parents et enfants confondus, dont 17 % sont des pères) viennent un dimanche matin par mois durant l’hiver. Cette activité a par ailleurs permis de joindre davantage de pères.

 

«C’est une façon simple, efficace et rapide de faire un bilan des retombées du travail collectif sur plusieurs années. C’est une forme d’évaluation participative à la portée de tous et facile à reproduire. C’est mobilisant pour les participants qui réalisent que les retombées vont souvent au-delà de ce qui avait été prévu dans les plans d’action. C’est aussi un espace de paroles qui favorise l’expression authentique des bons coups, mais aussi des effets indésirables.

Finalement, en plus de faire émerger les retombées significatives du travail collectif, la démarche permet d’identifier les conditions gagnantes pour produire ces retombées positives et les rendre durables. Au terme de la démarche, les participants sont généralement en mesure de cibler leurs efforts pour assurer une continuité.»

- Une agente d’Avenir d’enfants, membre de l'équipe des récoltants

 

Pour aller plus loin